Vocabulaire

Glossaire des métiers

Les six métiers pratiqués à l'atelier. Chacun avec sa définition, son histoire, ses procédés à la Maison, et le vocabulaire technique qui l'accompagne.

Maroquinerie d'art

Définition

Art de couper, monter et finir à la main un cuir choisi pour composer une pièce portée. Se distingue de la maroquinerie industrielle par la sélection de la peau, la couture sellier main, et le montage sans support amovible.

Origines & histoire

La maroquinerie française trouve ses lettres au XVIIᵉ siècle avec l'essor du carrosse et de la valise. Le terme désigne originellement le travail du cuir de Cordoue (« marroquin »), avant de s'appliquer à toute pièce fine en cuir.

Procédés à la Maison

À la Maison, chaque peau est examinée à la lumière rasante avant coupe, pour repérer les grains et défauts. Le montage suit une couture sellier à deux fils, ni collée, ni renforcée par de l'entoilage industriel. Les tranches sont teintées et polies au fer chaud.

Termes techniques

Sellier
— Couture main à deux fils croisés, indépendants — chaque point tient seul.
Pleine fleur
— Partie externe et intacte de la peau, la plus noble et la plus résistante.
Tranche
— Bord d'une pièce de cuir, poncé et teinté pour la finition.
Refente
— Face interne du cuir après division en épaisseur.
Guillochage
— Ornement gravé au burin sur métal ou cuir, motif géométrique répété.

Broderie main

Définition

Ornement d'une surface textile ou souple par point compté, à l'aiguille ou au crochet. La broderie main se distingue de la broderie machine par la maîtrise du relief, la variation de tension, et le passage manuel de chaque fil.

Origines & histoire

La broderie main est attestée dès l'Antiquité. Elle trouve à Lunéville, au XIXᵉ siècle, sa forme reine avec le crochet dit « de Lunéville », adopté par les grandes maisons de couture. Vaisselle de fil, elle se pratique aujourd'hui dans une poignée d'ateliers français.

Procédés à la Maison

À la Maison, la broderie main convoque plusieurs points : point de tige, point de nœud, point compté sur tulle. Les fils sont sélectionnés par soie ou coton, en nuanciers dégradés préparés en amont. Le relief se compose par superposition, chaque couche fixée à la cire d'abeille avant broderie.

Termes techniques

Point compté
— Chaque point placé sur un fil précis du canevas ou du tissu.
Passe-plat
— Point de remplissage horizontal, souvent en soie, effet satiné.
Point de nœud
— Point formant un relief rond, obtenu par enroulement du fil sur lui-même.
Tambour
— Cercle en bois qui tend le tissu pour la broderie main.
Fil retors
— Fil constitué de plusieurs brins tordus ensemble, tenue et tension supérieures.

Plumasserie

Définition

Art de composer, teindre, tailler et assembler la plume pour en faire matière décorative. Métier français d'origine médiévale, inscrit au patrimoine culturel immatériel.

Origines & histoire

Attestée à Paris dès le XIVᵉ siècle, la plumasserie connaît son âge d'or au XIXᵉ, servant la mode, le théâtre et l'ameublement. Elle survit aujourd'hui par une dizaine d'ateliers français, dont plusieurs collaborent avec les grandes maisons.

Procédés à la Maison

La plume est reçue en amont, sélectionnée à la pince, dégraissée, teintée dans des bains courts, puis assemblée par pluchage — technique consistant à effiler la barbe pour qu'elle épouse la lumière. Chaque œuvre exige entre quarante et trois cents heures selon la densité.

Termes techniques

Pluchage
— Action d'effiler la plume, barbe par barbe, pour lui donner sa transparence finale.
Barbe
— Lame latérale de la plume, en ramification depuis le rachis.
Rachis
— Axe central de la plume, qui porte les barbes.
Bain d'aniline
— Teinture par immersion, colorant synthétique tendre pour plume vivante.
Colle de peau
— Adhésif traditionnel d'origine animale, réversible, utilisé pour le fixage main.

Sertissage

Définition

Art de fixer une pierre, une perle, un cabochon ou un émail sur un support, de manière que l'élément soit tenu sans être caché. Le sertissage regroupe plusieurs techniques : à griffes, à grains, clos, à rail, invisible.

Origines & histoire

Le sertissage naît avec la joaillerie antique. Il connaît sa perfection technique au XIXᵉ siècle avec la Place Vendôme parisienne, où se codifient les techniques encore employées aujourd'hui.

Procédés à la Maison

À la Maison, le sertissage main s'exerce sur cabochons, pierres taillées, perles de verre et cristal. Chaque pierre est mise en place avec un burin fin, un maillet à ressort et une pince à sertir. Les grains sont formés à la molette de rappel après pose.

Termes techniques

Cabochon
— Pierre polie mais non facettée, de forme bombée sans taille angulaire.
Griffe
— Petit pilier de métal replié sur la pierre pour la maintenir.
Grain
— Petite boule de métal formée sur le pourtour de la pierre après enfoncement.
Chaton
— Réceptacle métallique qui reçoit la pierre avant sertissage.
Sertissage clos
— Enveloppe totale de la pierre par une bande de métal, sans griffe.

Peinture sur matière

Définition

Traitement pictural appliqué directement sur une surface non-plane et non-textile : paille, cuir, nacre, soie tendue, bois précieux. La peinture épouse la matière au lieu de la recouvrir.

Origines & histoire

La peinture sur matière remonte aux laques japonaises et chinoises, aux paravents précieux et à la miniature persane. En France, elle s'est développée à partir du XVIIIᵉ siècle sur bois de tabatières et boîtes précieuses.

Procédés à la Maison

À la Maison, la peinture est faite au pinceau fin de martre, en couches successives fines. Chaque couche est laissée à sécher plusieurs heures. Les surfaces sont préparées par un apprêt spécifique — colle de peau pour la paille, gomme laque pour la nacre.

Termes techniques

Apprêt
— Couche de préparation qui reçoit la peinture — permet l'accroche du pigment.
Glacis
— Couche de peinture transparente qui module la couleur en dessous.
Martre
— Poil animal utilisé pour les pinceaux fins, exceptionnelle rétention de pigment.
Gomme laque
— Résine naturelle sécrétée par un insecte, utilisée comme apprêt ou vernis.
Détrempe
— Peinture à l'eau liée par une colle animale, mate et souple.

Arts du feu

Définition

Ensemble des techniques qui utilisent la chaleur pour transformer une matière : émail sur métal, patines par oxydation contrôlée, traitements thermiques (recuit, trempe), argenture au feu, dorure au mercure (aujourd'hui remplacée par galvanoplastie).

Origines & histoire

Les arts du feu accompagnent l'humanité depuis la métallurgie. L'émail cloisonné byzantin, l'émail peint de Limoges dès le XIIᵉ siècle, la dorure au feu vénitienne — chaque tradition a raffiné sa signature.

Procédés à la Maison

À la Maison, l'émail est posé au pinceau puis cuit à quatre-vingt-cinq à mille degrés selon la couleur. La patine des bronzes est obtenue par bains successifs de nitrate d'argent, de sulfate de fer ou d'ammoniaque, chaque bain donnant sa couleur.

Termes techniques

Émail cloisonné
— Émail contenu entre des fils de métal soudés qui dessinent le motif.
Émail champlevé
— Émail versé dans des cavités creusées à même le métal.
Recuit
— Chauffage puis refroidissement lent d'un métal pour supprimer les tensions internes.
Patine
— Couche colorée obtenue par oxydation contrôlée à la surface d'un métal.
Fondant
— Substance ajoutée à l'émail pour abaisser sa température de fusion.